Un voyage en Valais en hiver, on ne l’avait pas franchement sur notre liste avant cette année. Dans notre tête, le Valais en Hiver, c’était avant tout le ski, les stations bondées et les files au télésiège. Résultat du séjour : 5 jours, 4 destinations, une météo qui a joué le jeu et des paysages qui nous ont mis une sacrée claque. Et le plus fou dans tout ça, c’est qu’on n’a pas chaussé les skis une seule fois. Voilà exactement ce qui rend ce coin de Suisse si particulier : tu peux vivre un hiver alpin complet sans jamais poser un pied sur une piste de ski.
Du village de carte postale de Champéry, face aux Dents du Midi, jusqu’aux bains thermaux de Leukerbad, en passant par le Cervin et le plus grand glacier des Alpes, ce voyage en Valais en hiver nous a fait vivre des étapes qu’on n’oubliera pas de sitôt. On te raconte tout, jour par jour, avec nos adresses, nos coups de cœur et aussi ce qu’on ne referait pas.

Jour 1 — Champéry et la région des Dents du Midi
On quitte Liège en train direction Bâle, puis on embraye sur le réseau suisse jusqu’à Champéry, avec un changement à Aigle. La connexion est vraiment nickel, et heureux de voir à quel point c’est facile de voyager en train entre la Belgique et la Suisse. On débarque en fin d’après-midi, les yeux déjà dirigés vers le panorama qui nous attend.
Champéry, c’est vraiment l’image qu’on se fait d’un village alpin avec ses chalets en bois, ses ruelles piétonnes, et en toile de fond, les Dents du Midi. Le village fait partie du domaine skiable des Portes du Soleil, mais même sans skis aux pieds, on comprend en deux minutes pourquoi les gens tombent amoureux de l’endroit.
À peine les valises posées à l’Hôtel Suisse, on prend la direction de la Cantine sur Coux où se trouve un restaurant de montagne perché sur un promontoire au-dessus du village, pile en face des Dents du Midi. La vue depuis la terrasse est magique. C’est le genre d’endroit où on sirote un chocolat chaud en te disant qu’on a bien fait de venir. La carte met en avant des produits locaux et de saison ; bref vraiment idéal pour une pause goûter.
La soirée se termine au Restaurant « Le Nord », dans une ambiance chaleureuse et conviviale. Pour une première soirée en Valais, impossible de résister : on commande une raclette valaisanne accompagnée d’un verre de Fendant. Un vrai classique du terroir, et on n’aurait pas pu rêver d’un meilleur cadre pour la découvrir.
Où dormir à Champéry ? L’Hôtel Suisse : confortable, central, à deux pas de tout. Une bonne base pour démarrer un voyage en Valais en hiver du bon pied.
Jour 2 — Cani-rando à Champéry avec des huskies et cap sur Brig
Réveil avec une activité qu’on attendait particulièrement : une balade type cani-rando avec des chiens de traîneau dans le secteur de Grand-Paradis. Nous étions harnachés et tirés le long d’un sentier plat en forêt, au bord d’une rivière, pendant deux heures. Difficile de décrire cette sensation autrement qu’en disant qu’on s’est sentis comme des gamins. L’énergie que dégagent ces chiens est communicative, et la visite du chenil permet de comprendre leur histoire et leur rôle dans les expéditions polaires.
On était sceptiques au départ sur l’intérêt du harnais. On se disait qu’une simple laisse aurait suffi. Mauvaise pioche : le harnais change tout. En fait, c’est un peu comme du canicross. On avance nettement plus vite, même en marchant, et surtout ça crée une vraie complicité avec le chien qui nous accompagne. Petit bonus émotionnel post-balade : la rencontre avec les chiots huskies, un moment qu’on garde précieusement.




Après l’effort, direction le restaurant Croix-de-Culet, accessible en téléphérique, pour un déjeuner avec une vue panoramique sur les sommets enneigés. La haut, on profite autant de l’assiette que de la vue, avec de jolis sommets enneigés nous entourant.
L’après-midi, on reprend le train pour Brig, ville alpine du Valais germanophone. On flâne dans la vieille ville et on visite la cour du château de Stockalper. On nous apprend que c’est le plus imposant édifice baroque civil de Suisse. Son bâtisseur, Kaspar Stockalper, a dominé au XVIIe siècle le commerce du sel et le passage du Simplon. C’est un personnage qui à lui seul raconte toute l’histoire économique du Valais.

Le dîner à l’Hotel Stockalperhof fait le job. Pour l’hébergement en revanche, on préfère être honnête avec toi : le Good Night Inn a été le point faible du séjour. Fonctionnel, sans plus, clairement pas au niveau du reste du programme. Si tu passes par Brig dans le cadre de ton propre voyage en Valais en hiver, mieux vaut chercher une autre option. La ville, elle, mérite vraiment le détour.
Jour 3 — Le Cervin depuis le Gornergrat, la journée la plus dingue
C’est sans conteste le point d’orgue de ce voyage en Valais en hiver. On emprunte le train depuis Brig jusqu’à Zermatt. L’ambiance change rapidement. Zermatt est un village sans voitures, la rue principale est animée. En toile de fond, on aperçoit le Cervin. On a beau le voir en photo des centaines de fois, mais ça ne prépare à rien quand il se tient devant toi, en vrai.
Depuis Zermatt, on grimpe à bord du petit train à crémaillère du Gornergrat, qui monte jusqu’à 3089 mètres. Il nous permet de rejoindre une terrasse panoramique offrant une vue à 360° sur le Cervin, le Mont Rose et une vingtaine de sommets à plus de 4000 mètres. On avait pris soin de demander l’autorisation pour sortir le drone (obligatoire). Les images ramenées, drone ou appareil photo, on n’en revient toujours pas.

Nous avons ensuite déjeuné au restaurant Glacier Alpine Kitchen, dans le 3100 Kulmhotel Gornergrat. Le cadre est magnifique et la cuisine soignée, même si les prix sont clairement dans la fourchette haute.


L’après-midi est réservé à l’activité qu’on attendait le plus : une descente en luge entre Rotenboden et Riffelberg. On redescend en train jusqu’à Riffelberg, on loue une luge, puis on remonte d’une station pour redescendre à toute allure, face au Cervin. C’est l’une des activités phares à faire ici.
Pendant toute la descente, on garde le Cervin en ligne de mire. Difficile d’imaginer un plus beau décor pour faire de la luge. Notre seul regret : un nuage est venu masquer le sommet pile pendant notre descente. Grrr… Heureusement, on en avait bien profité juste avant.


En fin de journée, direction l’Aletsch Arena et le village suspendu de Bettmeralp, perché à 1970 mètres et accessible uniquement en télécabine. Forcément, avec cette neige, il n’y a pas une seule voiture à l’horizon. La montée nous révèle d’un coup ce village de chalets typiquement valaisan. Le fait de ne pouvoir y accéder qu’en téléphérique rend l’endroit encore plus unique. À l’arrivée, l’hôtelier de l’Hôtel Alpfrieden nous récupère en taxi-neige. C’était une première pour nous, et assez comique comme concept.
Où dormir à Bettmeralp ? L’Hôtel Alpfrieden, sans hésiter. On le recommande les yeux fermés à quiconque prépare un voyage en Valais en hiver dans le coin de l’Aletsch Arena. Le cadre est chaleureux, l’ambiance familiale, et propose une formule demi-pension.
Jour 4 — L’Aletsch Arena et le géant de glace
La journée devait démarrer par une balade dans les ruelles enneigées de Bettmeralp, avec un passage obligé au point de vue du Grand Tour of Switzerland, face à la chapelle Maria zum Schnee, perchée à 1950 mètres et véritable emblème du village. Sous la neige, elle doit être magnifique. On dit « doit être », parce que ce matin-là, la météo en a décidé autrement : impossible d’apercevoir la chapelle depuis le sentier, même à quelques mètres. Heureusement, on l’avait brièvement aperçue la veille à bord du taxi neige. On préfère donc écourter la matinée pour foncer vers le gros morceau du jour : le glacier d’Aletsch.
Le glacier d’Aletsch est le plus grand glacier des Alpes : 20 kilomètres de long, né de la rencontre des faces nord de l’Eiger, du Mönch et de la Jungfrau, et classé au Patrimoine mondial de l’UNESCO au titre du site Jungfrau-Aletsch. Depuis Bettmeralp, on peut normalement l’observer depuis le point de vue de Moosfluh, accessible toute l’année via Riederalp.


Vu la météo capricieuse du matin, on choisit de rejoindre un autre point de vue dans l’après-midi pour élargir nos chances de voir le glacier : l’Eggishorn, à 2869 mètres, le plus haut belvédère de toute l’Aletsch Arena. Il faut redescendre dans la vallée puis reprendre un second téléphérique pour y accéder. Depuis là-haut, on découvre enfin un ciel éclairci et les 20 kilomètres du glacier qu’on embrasse d’un seul regard, avec en prime la Konkordiaplatz et les trois géants de l’Oberland bernois en arrière-plan. Les nuages se sont finalement levés juste à temps, et le soleil a fait une apparition parfaite. En terme de panorama, c’est l’un de nos plus beaux souvenirs de ce voyage.

Jour 5 — Leukerbad : thermes, luge et rösti au sommet
Leukerbad, c’est la plus grande station thermale des Alpes, et ça se sent dès l’arrivée. Le village entier s’est construit autour de ses sources d’eau chaude, avec cette ambiance particulière. On est vraiment à mi-chemin entre montagne et bien-être.
On loge au Therme 51 Hotel Physio & Spa, dont le centre de bien-être tombe à pic après 4 jours d’activités en extérieur. Le dîner au Restaurant Tradition 1411, la veille en arrivant, a été une vraie belle surprise : une cuisine alpine qui propose fondue, raclette, rösti et bonne pièce de bœuf. Une adresse qu’on te conseille sans réfléchir.
Où dormir à Leukerbad ? Le Therme 51 Hotel, idéal pour se ressourcer en couple après un séjour bien rempli.
Le lendemain matin, on prend la direction la Gemmi Bahn, un téléphérique historique. C’est l’un des tout premiers téléphériques touristiques de Suisse. Il relie Leukerbad au col de la Gemmi, à 2350 mètres. La vue depuis le sommet sur le village et les Alpes bernoises est incroyable. On a tellement apprécié que Max y est retourné l’après-midi pour courir, chaussé de petits crampons, sur le chemin de la Gemmi. C’est un itinéraire mythique qui relie le sommet du téléphérique à Kandersteg en suivant le tracé historique utilisé depuis des siècles pour franchir les Alpes. En hiver, le sentier devient un chemin de randonnée damé, souvent emprunté en raquettes… ou bien équipé de mini-crampons pour s’y frotter en mode trail.
Dans la matinée, on s’offrait ici aussi une descente en luge depuis le sommet jusqu’au lac Daubensee, sur l’une des deux pistes disponibles. L’une d’elle était nettement plus engagée que l’autre. Comparée à celle du Gornergrat, cette luge-ci est plus sportive et clairement plus fun. Pour les amateurs de balades plus tranquilles, une boucle d’environ 4 km fait le tour du lac, dans un décor de haute montagne serein, avec vue sur les Alpes valaisannes et bernoises.

On termine la matinée au Gemmi Lodge Panorama Restaurant, à 2350 mètres, pour un rösti comme on les aime, dans une ambiance panoramique qui clôt ce voyage en Valais en hiver sur une note parfaite.
Ce qu’on retient de ce voyage en Valais en hiver
Le Valais nous a clairement surpris. On s’attendait à une destination hivernale classique, tournée uniquement vers le ski, et on a découvert une région d’une richesse incroyable, bien au-delà des pistes.
Oui, la Suisse reste une destination où le budget peut vite grimper. Nous avions opté pour le Swiss Travel Pass, et tout s’enchaîne plus facilement : trains, bus, parfois même bateaux, sans prise de tête sur chacun de nos déplacements.
Et surtout, les expériences valent largement le coup : une sortie cani-rando dans la neige avec des huskides, une vue à couper le souffle sur le Cervin à plus de 3000 mètres, l’exploration d’un glacier classé UNESCO, une pause bien-être dans des thermes alpins, ou encore un rösti dégusté à 2350 mètres d’altitude. Un voyage en Valais en hiver, ce n’est clairement pas ce qu’on attendait et c’est justement ce qui en fait une destination difficile à égaler.




Récapitulatif des hébergements du séjour
- Hôtel Suisse, Champéry : confortable et bien situé, en plein cœur du village.
- Good Night Inn, Brig : on ne te le conseille pas forcément… (mieux vaut chercher une autre option à Brig)
- Hôtel Alpfrieden, Bettmeralp : un coup de cœur du séjour.
- Therme 51 Hotel, Leukerbad : parfait pour se ressourcer après plusieurs jours d’activités.
Si toi aussi tu prépares un voyage en Valais en hiver, dis-toi que ce coin de Suisse a bien plus à offrir que ses pistes de ski. Entre glaciers, thermes et villages suspendus, il y a largement de quoi remplir 5 jours inoubliables.
Enjoy !



